Pâques d’antan


Quand j’étais petite, Pâques était une fête digne de ce nom. Maman nous achetait des vêtements neufs. Si Pâques était tard dans l’année, j’obtenais en prime, une jolie paire de gants et un petit chapeau de paille assorti. Le dimanche de Pâques, nous allions dîner chez grand-mère Bourgon et le soir, nous allions souper chez grand-maman Leroux. Nous rencontrions toute la Smala.

Avec mes cousines, nous fomentions des jeux de rôle, nous faisons des spectacles que nous présentions à nos oncles, tantes et grands-parents. Pour nous remercier de notre professionnalisme, nous recevions un salaire que nous nous empressions d’aller dépenser au magasin Prieur de Saint-Polycarpe les bains.  Étant l’aînée des cousines, je conservais dans le fon de ma paume, ce trésor royal ( environ $2.50)  qui nous donnerait accès au royaume féérique des bonbons à la cenne. Je revois encore la dame si patiente avec nous. Trois négresses, deux rubans de réglisse, des cigares en réglisse, des lunes de miel, des vers ( dégueu) en jujube, des trucs en cire contentant un liquide sucré, des dentiers roses en cire à la menthe, des cigarettes Popeye, trois popsicles,  des gommes avec des cartes de monstres à collectionner, etc. Choisir, tenir un référendum sur les choix, argumenter, parlementer…ah! Quel bonheur!

Et nous croquions ces bonbons comme des goinfres. Ils allaient s’empiler par-dessus les œufs en chocolat ou en sucre mangés après le dîner. Ah ! Que nous étions tannants !

Chez grand-maman Leroux, l’odeur de la dinde  nous ensorcelait dès le balcon, mais surtout, surtout, surtout, l’immense gâteau-lapin  décoré pour l’occasion de jujubes, de réglisse, de petits œufs colorés nous faisait de l’œil. Et ensuite, nous grimpions dans le dortoir du grenier et nous faisons des conciliabules dont mon frère était exclu étant le bébé et le seul petit garçon de toute une lignée de filles. Il y avait là, un coffre rempli des vêtements de nos mères, d’étoles de vison, de robes de patineuse, de chapeaux de reine d’Angleterre. Nous nous déguisions et nous nous inventions des univers magiques jusqu’à ce que le petit elfe, mécontent de son exclusion ne vienne semer la zizanie parmi nous.

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4 commentaires pour Pâques d’antan

  1. ClaudeL dit :

    Ah! quels souvenirs tu as. Et tu as l’art de les raconter. Des popsicles à Pâques? J’en doute, mais tu dois parler de ce que tu pouvais te procurer à ce magasin de bonbons… toute l’année.
    Nous n’avons pas les mêmes souvenirs pour Pâques. Pas très séances chez nous. Et beaucoup plus chocolat. Tiens, tu me donnes le goût de compter un de mes Pâques.
    Joyeuses Pâques.

  2. Chère Michèle,
    Ah ! Que j’aime les récits de vie ! Savoureux ton festin pascal. Comme je m’y reconnais. Chez nous aussi, maman nous « grimait » pour Pâques. À douze ans, je portais mes premiers escarpins et un chapeau de « madame » que Memére Lachance m’avait offert… Une vraie parade à la messe! Toutes les femmes montraient leurs nouvelles toilettes. Et après? Le dîner familial, avec un immense jambon, des patates pilées, des petits pois… et pour dessert, des gros lapins de Pâques. Le carême était fini et nous ressuscitions de nos privations de 40 jours. Nous nous gavions comme des oies. Alléluia!

  3. Ping : Pâques d’antan :) | Les humeurs de la Mère Michèle

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