Décès de Claire Martin- Auteure de Dans un gant de fer


Claire Martin n’est plus

La doyenne des lettres québécoises, Claire Martin, n’est plus. Elle est décédée au matin du 18 juin.

Après avoir travaillé à Radio-Canada (c’est elle qui a annoncé aux auditeurs de la radio la fin de la Seconde Guerre mondiale), elle a mené une fructueuse carrière littéraire : son premier livre, Avec ou sans amour, un recueil de nouvelles, lui vaut en 1958 le prix du Cercle du livre de France. Le roman Doux-amer (1960) apparaît sur la liste du prix Femina (ses livres paraissent au Québec chez Pierre Tisseyre et en France chez Robert Laffont). Le personnage de Gabrielle, une romancière, s’établit d’emblée comme l’un des plus forts de l’époque, à telle enseigne qu’on y a vu une femme annonciatrice de la Révolution tranquille.

La célébrité viendra avec la parution du diptyque Dans un gant de fer (La joue gauche, 1965 ; La joue droite, 1966). Première grande mémorialiste de nos lettres, elle y relate ses années d’enfance dans une famille dominée par un père violent, puis son passage dans les écoles tenues par les religieuses. Elle mettait ainsi fin au silence de toute une société à propos du sort infligé aux femmes et aux jeunes filles.

Après une quasi-retraite d’un quart de siècle (elle a traduit en français des romanciers canadiens), elle revenait en 1999 avec Toute la vie, livre auquel se sont ajoutés des romans (de L’amour impuni à L’inconnu parle encore), les courts essais d’À propos (2006) et des nouvelles (Le feu purificateur, son dernier livre, publié en 2008 alors qu’elle avait 94 ans), livres parus aux éditions de L’instant même. Le magnifique documentaire de Jean-Pierre Dussault et Jean Fontaine, Quand je serai vieille, je rangerai mon stylo (2009) a rappelé que la vie de Claire Martin se confondait avec l’histoire du Québec du xxe siècle.

Le jour de ses cent ans, à quelqu’un qui lui offrait ses meilleurs vœux pour ce centenaire bien compté, elle a répliqué du tac au tac qu’il s’agissait de son premier centenaire ! Son esprit de repartie restera vif à l’esprit de ceux qui ont connu Claire Martin, lauréate du Prix du CLF, du prix du Gouverneur général et du prix Jean-Hamelin, membre de la Société royale du Canada, de l’Ordre du Canada, de l’Ordre national du Québec, de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française et de l’Académie des Grands Québécois. En 1999, elle avait aussi reçu la Médaille de l’Académie des lettres du Québec.

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