Lettre écrite pour Les correspondances d’Eastman 2014-Michèle Bourgon


Destinataire : Monsieur Alom Bilic

Depuis longtemps, la marche du monde m’inquiète au plus haut degré. La guerre dans plusieurs contrées, les enfants qui meurent, les famines, viols et exactions en tout genre. Et toi? Toi, tu grattes… Le réchauffement de la planète? Ça ne te fait pas un pli sur la différence. Tu me désespères.

Je te regarde, là; tu es fermé à l’univers, tu es sec. Renfrogné comme une bouche en cul de poule. Aveuglé par ton petit égo, tu te crois le centre de l’univers. Pfff! Tu loges à l’empire de mon milieu. T’apercevant, Mao t’aurait culturellement révolutionné. Tremper dans les rizières, ça t’aurait peut-être ouvert l’œil sur la réalité des autres.

L’altérité, Alomb Ilic, l’altérité, ça te dit quelque chose ? J’ai beau me déhancher à danser le baladi, te forcer à regarder ailleurs, tu n’en restes pas moins centré sur toi-même. Tu me décourages…Devrais-je arrêter de te regarder ?

Plusieurs causes m’interpellent. J’aimerais te parler sexe, corruption, drogue, intimidation, mais tu me fais le Cri de Munch. Un immense O hébété. Ça veut dire quoi, ça ?

Tu préfères que je t’entretienne d’énergie, d’eau, de climat, de biodiversité, de déséquilibres ? De répartition de la richesse ? De féminisme ? Que penses-tu du féminisme ? Oooooooooooooooo…Ben tiens, je vais dorénavant t’appeler nombrelle. T’auras pas le choix d’être minimalement sensibilisé à la cause des femmes.

Je souhaiterais aussi discuter de paix et d’amour avec toi. Ô… Histoire d’O…Je te zieute, tu me rebutes. Toujours ce même O en cul de poule. Tiens, pour te punir, je vais t’enlever tes peluches.

Oh, arrête de me faire de l’oeil. Ton petit jeu, je le connais: tu fais tout pour attirer mon regard; tu me grattes, je te titille. On tourne toujours en rond et ça devient vicieux.

Tu sais, nombrelle, on a tous une responsabilité en venant au monde, mais toi, t’es égo. Et comme dirait Orwell, « Certains sont plus « égo » que d’autres ». Je sais bien qu’il y a les omphalopsyques qui croient dur comme fer que l’âme réside dans le nombrelle. Ça te donne la grosse tête. Ouvre l’œil et le bon. Tu constateras qu’ils sont peu nombreux.

Tel le cyclope d’Ulysse, si tu ne fais pas attention, on te percera. Bah… un nombrelle percé, c’est quand même une ouverture sur l’univers.

Tiens, je remarque que tu as l’œil poché ? Tu as peur ? Comme moi. Je suis terrifiée par les hoquettements de la planète. Les maladies sont dévastatrices et les traitements inappropriés. Pires qu’Ébola, la lèpre et la grippe aviaire, l’indifférence à mon frère et à ma sœur qui souffrent.

Aucun de nous en agissant seul ne peut atteindre le succès- Nelson Mandela.

Ensemble, c’est tout. -Anna Gavalda

Yes we can ! -Barack Obama

C’est à croire que seuls les idiots ont la conscience tranquille. – Félix leclerc.

Alors Alomb Ilic, je coupe le cordon et, même si je t’aime, je porte mon regard vers d’autres horizons.

Signé : Al Terégo alias Michèle Bourgon

 

 

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Un commentaire pour Lettre écrite pour Les correspondances d’Eastman 2014-Michèle Bourgon

  1. bourgonm dit :

    Ce texte est le mien 🙂

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