Les écrits vains


Les écrits vains.

Je fais fièrement partie de ceux que l’on appelle les auteur(e)s. Ceux qui écrivent, ceux qui racontent des histoires. Je vis à Gatineau, en Outaouais, depuis une dizaine d’années. J’y ai enseigné pendant 8 ans. Je suis directrice du concours Des nouvelles de Gatineau. Cette année, je fus l’auteure en résidence de ladite ville. J’ai lancé un livre très récemment, livre qui narre mes aventures rocambolesques lors de mes résidences d’auteure en France. J’aime ce livre; j’y ai beaucoup travaillé et comme tous ceux qui écrivent, je veux le partager. Or, je constate que mon livre Y’a pas de souci ! rencontre beaucoup de soucis à se retrouver dans les différentes librairies « de grande surface » de MA région. Comme tous les auteurs, j’ai anonymement déambulé dans les librairies de la ville pour découvrir que Y’a pas de souci! ne se retrouve pas sur les rayons.

Je ne comprends pas. Je suis d’accord avec le fait que l’on nous propose des auteurs français, américains, des grands noms québécois ( j’en suis même très fière), mais il semble que nous, les auteurs de la région, nous ayons du mal à trouver notre place dans notre propre contrée.

Pourtant Y’a pas de souci! fait partie de l’univers littéraire québécois. Un univers qui n’est pas  que régional, mais qui s’ouvre sur le monde. Connaissez-vous bien tous les auteurs que l’on vous propose en libraire? Non. Y’a-t-il des chances que vous connaissiez un auteur de votre région ? Oui, certainement. Mais si vous ne voyez ses livres nulle part, serez-vous tentés de le commander ? Oui, seulement si vous en avez entendu parler sinon… Encore faut-il vraiment avoir le goût de le lire puisque vous devez payer votre commande avant d’avoir feuilleté l’objet. Pourquoi ce « boycott » ou cet « oubli » des livres des auteurs régionaux ? Écrit-on moins bien que les autres ?

Un livre a une moyenne de vie de trois à quatre mois. Y’a pas de souci! a été lancé il y a deux semaines… Nous sommes en plein « battage » médiatique et…peu de livres disponibles sont offerts aux yeux des lecteur(trice)s. Ô je ne fustige pas les librairies indépendantes qui elles, proposent quelques-uns de nos livres, mais…je ne trouve pas normal qu’il n’y ait pas une section réservée aux auteurs de la région dans les librairies dites de grande surface et que ce soit si difficile de faire notre place ici- même où l’on vit. Si je ne vends pas mes livres ici, où vais-je les vendre ? Dois-je penser au porte à porte, au bouche à oreille ou au bouche à bouche ? Peut-être même devrai-je exercer des manoeuvres de réanimation.

Rassurez-vous, je ne me prends pas pour Michel Tremblay ou pour Marie Laberge. Je souhaite simplement trouver ma petite place au sein de MA communauté. Avoir la chance que ceux qui bouquinent puissent prendre le livre dans leurs mains pour le feuilleter. Je ne demande que cette chance-là. Parce qu’après avoir vendu mes livres à ma famille et à mes amis…

À quoi bon écrire si nous ne sommes pas lus ? Ce sont des écrits vains. Seulement des écrits vains…

Et encore merci aux librairies indépendantes. Si elles n’existaient pas, nous non plus, en région, nous n’existerions pas.

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