Chronique littéraire du 13 avril-Rogers télé


Chronique Rogers du 13 avril

J’irai danser sur la tombe de Senghor de Blaise Ndala- les éditions de l’Interligne

Un premier roman qui ressemble à une œuvre très mature. Assurément mon coup de cœur de l’année.

Modéro, un jeune zaïrois veut devenir le chanteur de rumba le plus connu de son village. Il y arrive. Il a de l’ambition. Il veut partir pour Kin la belle-Kinshasa pour faire partie de l’orchestre du plus grand des chanteurs de rumba. Son grand-père qui possède des pouvoirs magiques va exercer un rituel de protection ( rituel plus qu’intéressant ) . Heureusement parce que Modero va  découvrir la vie de Kin la belle pas si belle que ça…

Au moment même où Modero va faire sa place à Kin la belle, Mobutu, jaloux de Leopold Senghor, président du Sénégal, veut faire connaître le Zaïre par le monde entier. Son assistant va trouver le moyen de le faire en organisant le combat de boxe du siècle ( il y a déjà 40 ans) entre Mohammed Ali alias Cassius Clay et Georges Foreman. Là, on n’est plus dans la fiction.

Toute une pléiade de personnages tous plus vivants et crédibles les uns que les autres nous transportent au Congo-Zaïrre où on en connaît la vie des hommes et des femmes de ce pays, leurs coutumes, leur fierté, leur façon de se défendre.

Ndala mêle donc la réalité et la fiction avec maestria.

Ce roman qui se déroule au Zaïre Congo redevenu Zaïre est rempli d’exotisme, de couleur, de dynamisme, d’humour caustique.

Il faut absolument le lire et en parler. Un grand livre.

Beaux et bêtes de Miche-Rémi Lafond- les éditions de l’Interligne

D’abord, la couverture est superbe!

Un recueil de 15 nouvelles donc de courtes histoires présentant des chutes ( des fins ) surprenantes. Il s’agit d’un bestiaire fort amusant et intriguant. Chaque nouvelle porte le nom d’un animal et le mimétisme des personnages est impressionnant.

On s’amuse en entrant dans chacune des nouvelles parce qu’on veut, dès le départ, découvrir en quoi le personnage ressemble à un scorpion ou à un hibou ou à une marmotte. On s’amuse aussi à découvrir, à appréhender la chute des histoires.

Comprenez-moi bien ces histoires sont à peu près toutes dramatiques et ce qui s’y passe ébranle le lecteur. Il y développe plusieurs thèmes qui touchent l’être humain.

Parfois Michel-Rémi Lafond, professeur de philosophie au Cégep de l’Outaouais, joue avec les mots, donne des couleurs surprenantes à ses phrases. Parfois le lecteur sourit; à d’autres moments, il se demande comment le protagoniste va faire pour se sortir du mauvais pas qu’il a fait.

Il est facile de s’identifier à ses personnages qui sont tous plus humains les uns que les autres.

Franche-Comté-Québec- Chemins de rencontre, Jean-Louis Gromaire, les éditions du Vermillon

Située à l’est de la France métropolitaine, elle abrite 2 % des Français et on en entend peu souvent parler. Jean-Louis Grosmaire est originaire de la Côte d’Ivoire et a vécu son enfance entre Saint-Louis du Sénégal et la Franche-Comté. Mais il a immigré ici, au Canada depuis très longtemps. En fait, il est venu travailler à Expo 67 et n’est plus jamais retourné vivre là-bas. Il habite à Aylmer.

L’auteur y parle d’histoire, de langue et d’accent, de personnages célèbres de là-bas et d’ici, des Premières nations, de la politique, de nos us et coutumes. Il y parle aussi de l’Outaouais. On sent tout son amour pour son pays d’accueil devenu son pays, là où il aime vivre.

Le titre contient les mots Chemins de rencontre et c’est tout à fait ça puisqu’autant le Franc-Comtois que le Franco-ontarien ou le Québécois peuvent apprendre sur ces régions.

Les anecdotes sont amusantes et les positions adoptées par monsieur Grosmaire sont plus qu’intéressantes. Il tente de briser certains préjugés.

Comptine à rebours de Sonia Lamontagne aux éditions Prises de Parole de Sudbury

Le titre est magnifique étant donné l’histoire racontée.

Il s’agit d’un livre de poésie extrêmement touchant puisqu’il est initié par un stress post-traumatique. Un événement terrible ( l’inceste )survenu pendant l’enfance resurgit dans l’esprit de la jeune femme et elle s’en libère par l’expression poétique. Il s’agit d’une poésie narrative, touchante, troublante, facile à décrypter pour toute personne qui veut s’initier à la poésie. Les mots sont simples comme les situations décrites; ce qui n’enlève rien au drame qui s’est joué dans la vie de  la narratrice.

Du côté gauche des pages, le côté du cœur, la narratrice présente l’événement perturbateur de son enfance. Du côté droit, sa résilience, sa souffrance, mais son courage de dépasser ce qui aurait pu la briser.

Un très beau livre des éditions Prise de parole de Sudbury

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