Jadis, mes rentrées à l’école


Ce matin, le ciel est chargé d’eau. Il pleut comme vache qui pisse.

Ça me rappelle les retours à l’école de mon enfance. Ces matins de mouillasse, maman venait me réveiller. Je ne voulais pas sortir du lit. Mon père s’amenait et arrachait toutes les couvertures. Dans ce temps-là, la psychologie de l’enfant, c’était ça. Pas de pourparlers, seulement la nécessité d’agir dans un court laps de temps. Jamais je n’ai entendu parler des « conséquences  » pour un acte mauvais. L’adulte savait qu’il était un adulte et que j’étais une enfant. Il appliquait les lois sociales.

Mes parents m’aimaient. Je n’en ai jamais douté une seule seconde.

Donc…je me levais maussade, je buvais mon Quick aux bananes, je mangeais mes toasts au beurre de peanut twisté de gelée de raisins. Déjà mes yeux s’ouvraient plus grand et mon sourire revenait chasser les brumes de la nuit.

J’enfilais mon imperméable orange fluo, prenais mon sac d’école en bandoulière dans lequel il y avait ma boîte de crayons de couleur Laurentien ( j’étais à chaque automne extrêmement déçue parce que maman m’achetait toujours ces maudits crayons-là alors que je voulais les Crayola de toutes les couleurs. mais nous n’étions pas riches, hélas.

La première journée d’école était consacrée à la distribution des pupitres, à l’achat des classiques ( on nommait les fournitures scolaires ainsi). J’allais à l’école Saint-Alexandre. Les sœurs encornettées, toutes de noir vêtues déambulaient dans des corridors qui sentaient l’encaustique. Évidemment, au bout dudit corridor, une statue de la Vierge et un bouquet de fougères.

Pas loin du premier cours, la maîtresse ( c’est ainsi qu’on nommait notre professeure) nous demandait inévitablement, fatalement, inéluctablement, d’écrire une  » composition » sur l’automne. On accompagnait cette « composition » d’une feuille si possible très rouge, passée au papier ciré sous le fer à repasser. La maîtresse lisait les meilleures composition. C’était le bon temps: mon écriture semblait très appréciée. J’ai même gagné un ballon vert qui ne rebondissait pas, un canard qui faisait bonjour et …une merveille de porte-monnaie rose incrusté de perles de plastique.

Parfois, la maîtresse, un peu plus délurée, nous demandait d’accompagner notre texte d’une image. Je me rappelle encore de la mienne: une carte postale que j’avais achetée sur la Grand Rue. Une belle carte qui présentait une photo de nos Laurentides aimées et colorés.

On jouait aux billes, au ballon-chasseur, à la corde à danser. Les plus vieilles jouaient au drapeau.

À la récré, on allait au petit magasin s’acheter ou un Popsicle ou des pretzels effrayamment salés ou des lacets rouges, verts ou noirs de réglisse. Des fois, maman me donnait .5 cents. Le bonheur d’être enfant ! Le bonheur d’apprendre, de jouer, de se faire des amies.

Bonne rentrée à vous tous qui retournez à l’école 🙂 Sacrés chanceux !

 

 

 

 

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