Rencontre avec le plus grand écrivain du Québec: Michel Tremblay


Hier soir, à la Librairie Carcajou, rencontre ( animée par le fougueux Jérémy Laniel ) avec le formidable écrivain Michel Tremblay. Wouaw!

L’écrivain de 74 ans se livre avec bonhommie et simplicité. Il nous apprend plein de choses. Il adore le théâtre. Ça, on le savait déjà 😉 mais il nous dit qu’il a eu le choc de sa vie quand il a assisté, tout jeune, avec l’un de ses meilleurs amis ( un monsieur Bastien ) au spectacle de Pauline Julien. Les deux compères étaient assis au premier rang devant la scène. Ils étaient peu nombreux dans la salle et Pauline a chanté pour eux deux. Elle les regardait dans les yeux. Il s’est senti transporté, ému, bouleversé, en relation avec la chanteuse et il dit que ce contact intime avec la chanteuse a été le point décisif qui l’a poussé à aimer le théâtre et à en écrire.

Il affirme clairement que le théâtre est une agression. Que le texte doit déranger, choquer, bouleverser. Que si on discute météo à l’entracte, c’est que la pièce est mauvaise. « Pour que ce soit intéressant au théâtre, il faut que ça aille mal. »  » Je n’écris plus de théâtre parce que je n’ai plus la rage de la jeunesse, de la contestation, il m’est resté le questionnement. J’ai commencé deux nouvelles pièces. Elles sont restées en plan parce que je suis trop doux. »

Tremblay a eu l’immense chance et privilège d’entendre jouer ses pièces en plusieurs langues. Il nous raconte la fois où il a entendu Ste-Carmen de la main en finois. Bien évidemment, il ne comprenait pas la langue, mais il savait ce que les comédiens disaient et les émotions passaient aussi bien en Finlande qu’ici au Québec. Le théâtre peut être universel, mais même un mauvais écrivain français n’est pas universel. ( il rit ). Les intrigues le sont, les conflits, les émotions le sont.

Il mentionne qu’il existe maintenant un dictionnaire des personnages de ses œuvres et qu’il s’y réfère quand il écrit. Là, nous rions et lui aussi. Il a écrit la saga des Desrosiers à rebours. Il savait donc ce que ses personnages étaient devenus 25 ans plus tard. Il avait à leur inventer une vie avant.

Pour le Cycle du Gai savoir, il nous avoue que Jean-Marc est son alter égo, qu’il a vraiment connu un amoureux avec qui il a élevé un fils. Il a écrit ce cycle pour une raison sociale. Il voulait, à cette époque, montrer que deux homosexuels pouvaient vivre amoureux, heureux et élever un enfant et que la société était prête à accepter le fait. Il narre une anecdote de sa vie: Mon chum et moi, nous étions chez Laurier BBQ à Montréal pour déjeuner avec notre enfant. La serveuse a pris la commande du p’tit, la mienne et s’est tourné vers mon chum et a dit: Pis pour vous, ma p’tite madame…Quand elle s’est rendue compte de sa bévue, elle est retournée en cuisine toute rouge, mais…pas choquée du tout par la situation. C’était ça Montréal. Le cœur découvert racontait cette période et le cœur éclaté, sa peine d’amour.

C’est grâce au magazine Châtelaine que nous pourrons jouir de son nouvel opus: Conversations avec un enfant curieux. Le magazine lui a commandé un conte de Noël. Il était bien embêté ( il nous maugrée en blagant: J’en ai écrit 300 contes de N’well) puis il repense à sa mère qui sortait sa crèche de Noël à tous les ans. Cette année-là, le p’tit Jésus de cire avait grisonné de partout: son visage était gris, sa couche était sale. On rit… Sa grand-mère a donc le mandat d’aller acheter l’Enfant-Jésus. Elle revient avec l’enfant de cire emmailloté dans le papier. À Noël, le p’tit Jésus totalement disproportionné aux autres personnages de la crèche est placé entre Marie et Joseph. Il a l’air d’un éléphant. ON rit encore 🙂

Il mentionne que dès lors, il s’est remis à penser à son enfance, aux questions qu’il posait régulièrement. Entre autres: Comment ça se fait, maman qu’un homme va faire un bébé garçon avec un oiseau ( la Sainte-Trinité) et qu’ensuite, il va refaire le même bébé avec une vierge par l’entremise d’un ange… On rit.

L’auteur a été d’une réelle générosité. Comme il est ma grande idole littéraire, j’ai osé m’approcher pour échanger quelques mots. J’en tremblais.

Merci Michel Tremblay de nous faire honneur partout dans le monde. Merci d’être ce que vous êtes.

Merci Jérémy Laniel d’avoir organisé et animé cette formidable rencontre.

Merci à la Librairie Carcajou de Rosemère

 

Les étudiants de l’Option Théâtre de Lionel-Groulx nous avaient préparé un petit hors d’œuvre. Ils ont lu de courts extraits des grandes pièces de Tremblay. Merci à eux et à leur professeur ( dont malheureusement, je ne connais pas le nom )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 commentaires pour Rencontre avec le plus grand écrivain du Québec: Michel Tremblay

  1. Un jour, tu nous diras pourquoi tu considères que c’est le plus grand. As-tu tout lu de lui? Tout aimé?
    Chose certaine, c’est un fameux raconteur. Toujours intéressant à écouter à ce que je lis.

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