Expérience de vieille:)


Cette semaine, j’ai pris le train pour aller à Montréal. Toute première fois dans mon cas. De Rosemère à Montréal. C’pas ben compliqué…

J’arrive à la gare croyant me stationner là. Oups! C’est indiqué 3 h maximum. Or, je reviens le lendemain…Je commence déjà à paniquer. Le train passera dans une vingtaine de minutes. Que faire avec la voiture ? Je fais demi-tour et je vois ( ô joie, ô bonheur) un immense P avec un train en dessous avec une flèche indiquant plus loin. Je suis la flèche bénie. Trois rues plus loin, j’arrive dans un stationnement complet. Déception!!! Tout à côté, il y a un stationnement où trois voitures sont arrêtées. J’y place la mienne, mais je suis perplexe…Pourquoi le premier stationnement est-il bondé alors que celui-là est quasiment vide ? Mais…j’ai peu de temps pour les considérations philosophiques. Oups! Une affiche indique qu’il s’agit du stationnement de l’église et que les policiers peuvent distribuer des contraventions. Ben coudonc…il ne me reste plus de temps. Je fonce vers la gare avec ma valise. J’y arrive dans un état d’essoufflement indiquant l’infarctus imminent.

Je pénètre à l’intérieur de la gare: un petit café et un Italien adorable. Monsieur, j’ai 2 problèmes. D’abord, je dois acheter un billet de train. Vendez-vous ces billets de train ?

  • Non, pas moi, mais c’est dans les machines, juste là. ( il me montre la vastitude de l’univers, mais dans une direction spécifique. C’est déjà ça. )

Deuxième problème: Monsieur, ma voiture est stationné à trois rues d’ici, dans le stationnement de l’église. Pensez-vous qu’on va me coller une contravention ?

  • Ben pourquoi tu stationnes pas ton char en arrière ici ?
  • Parce que ça dit 3 h maximum
  • Ben oui, mais ça, c’est le parking de mon restaurant (…) En arrière de ça, y’a 400 places, Le matin, c’est plein dès 6h. mais là, y’a de place. Retourne chercher ton char pis emmène-le là. Je vais garder ta valise.

Vais-je avoir le temps de courir chercher l’auto, de revenir à la gare, d’acheter mon billet…Bon…je cours, j’ai pas le choix.

Je ramène l’auto dans le stationnement derrière le Café de la gare.

Bon, le billet, maintenant… Je rentre chercher ma valise auprès de mon Italien adorable et je vois une « machine » dans la salle de la gare. Ce doit être cela qu’il a voulu m’indiquer. Je mets donc ma carte de crédit dans la fente et j’attends à bout de souffle. Sur l’écran, on veut me permettre un retrait. J’ai pas besoin d’argent; j’ai besoin d’un billet de train. Je ressors ma carte, Je la réinsère. Je vois l’Italien du coin de l’œil et lui aussi me voit. Il s’approche et me dit gentiment: Ça, c’est un guichet pour avoir de l’argent. ( Un ATM). La machine à billets, elle est dehors.

Je ne prends jamais d’argent dans les guichets AT&M…

De la main, il m’indique l’univers. Je reprends ma carte de crédit et je sors dignement de la salle d’attente de la gare. Seulement…dehors…je cherche une machine. Il vente à écorner les bœufs, il fait froid. Je me demande même si je n’entends pas déjà siffler le train. Je déambule lentement en cherchant de toutes mes forces une « machine ».

Ouf! Une machine !

Je me place devant, jambes écartées, souffle court. J’insère ma carte de crédit et j’attends , très perplexe encore une fois. L’Italien sort de son café, vient vers moi et me dit: C’est encore un guichet pour avoir de l’argent, ça. Tu prends tu le train souvent ?

Euh…non, c’est la première et la dernière fois.   Je sais que l’ai l’air parfaitement ridicule.

Il me montre la vraie « machine » à billets de train, mais c’est pas gagné d’avance. J’insère la carte de crédit et je ne comprends pas le fonctionnement de cette maudite machine diabolique. J’ai beau peser sur tous les boutons, rien ne fonctionne. Je suis au bord de la crise de nerfs. L’Italien ressort du café ( il doit se demander s’il ne devra pas appeler la police ou l’ambulance; je le vois dans ses beaux yeux ), il s’approche de moi qui frémit et me dit langoureusement : Icitte, c’est la zone 5.

Moi, je me dis que c’est plutôt Twillight Zone) et je me sens comme si j’avais 96 ans, incapable de prendre un billet de train.

Je pèse sur un bouton et un billet sort. L’allégresse m’envahit. Je prends le billet, le mets dans la poche de mon manteau. Une information apparaît sur l’écran . On me demande de valider ce billet avant de monter dans le train…Consternation! Je ne trouve pas de valideuse et mon Italien me regarde là-bas, dans le noir…

F…la valideuse. Je monterai dans le train et je verrai. J’ai payé mon billet, je l’ai dans ma poche. Je plains bien celui qui me fera sortir de ce train-là.

Poup! Poup! Le train s’en vient. J’attends dignement. Je me retourne de tous les côtés. J,ai l,air de la fille dans The exrocist. Je me demande si je dois avancer vers le quai plus loin ou si le train s’arrêtera BING devant moi. Je ne me sens pas la force de courir avec ma valise. S’il ne vient pas jusqu’à moi, je songe à me jeter sur les rails. Rinaldo ressort de son charmant café et me regarde un peu découragé. Il comprend mon questionnement. « Le train, madame, il est long. Il va s’arrêter là-bas où est le quai et ici aussi. fais-toi s’en pas. Tu le manqueras pas. » Il continue de me surveiller…

Coudonc, c’t’un ange !

Je lui souris longuement et le remercie. je me dis qu’au retour, je devrais m’arrêter pour prendre une consommation, histoire de le remercier.

Le train entre en gare. Je dois quitter Ernesto. Je monte avec ma valise, vais directement au second étage, étage tranquillité. je m’assois dans le premier fauteuil. On roule, on est parti ! Une liesse étrange m’enveloppe. J’ai réussi à prendre le train. J’essaie d’apaiser mes nerfs. Je respire profondément.

Quelques tours de roues plus loin, je constate qu’à ma droite, de l’autre côté du passage, il y a un graphique qui indique le nombre de stations avant la gare L’Allier. Je me lève pour aller voir. Patatras!!!! Barding, Boum! Je me suis frappé la tête très fort au plafond. le seule endroit où le plafond est très bas, c’est l’endroit où je me suis assise. Je me rassois et je lèche mes plaies. Flûte que je suis vieille !

Je vous raconte mon retour un peu plus tard 😉

Merci au monsieur du Café de la gare à Rosemère. Un amour d’Italien 🙂 Non, il ne s’agit pas de Giovanni 😉

 

 

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